Directe et sans filtre, Fern Brady offre un spectacle réjouissant avec « Autistic Bikini Queen ». La comique y évoque avec causticité sa vie banale de trentenaire, entre famille, religion et conventions sociales, sans s’appesantir sur son autisme.

Cash. Dès les premières minutes de son spectacle « Autistic Bikini Queen », disponible sur Netflix, Fern Brady crève l’abcès. La comique écossaise parle de son autisme avec une franchise, un naturel et un côté « I don’t give a fuck » que l’on aimerait voir se répandre dans toutes les strates de la société. Mais Fern Brady ne s’attarde pas sur sa condition. Les catholiques prennent vite le relais et s’en prennent plein la gueule. Les bandes d’Ecossais bourrés au dernier degré dans les trains, aussi. Et son père remarié, son mec anti-mariage, les vieux, les jeunes, les conventions sociales pour paraître « normale »…
Après un lancement pas loin du mode diesel, Fern Brady monte en puissance au fil de cette représentation captée à Bristol et enchaîne les séquences et les missiles sans filtre, le tout avec un accent à couper au couteau et la dégaine d’une Lindsay Lohan ayant écumé les pubs du fin fond de l’Ecosse. En gros, le portrait d’une copine marrante avec qui on aimerait bien traîner le weekend, en enchaînant les pintes et en bitchant sur tout ce qui bouge.
En toute fin de spectacle, Brady revient sur son diplôme de « Super autiste mention très bien ». Elle évoque sa peur de décevoir son public qui, sur la base du titre de son spectacle, pourrait s’attendre à une comédienne non verbale. En la voyant aussi à l’aise sur scène, la salle pourrait aussi se dire qu’elle est neurotypique, là pour se faire du fric sur l’autisme. Raté. En réalité, Fern Brady, avec ses problèmes du quotidien et son absence de super pouvoirs, c’est la voix des autistes du coin de la rue.
